La passion d'Ewart Oakeshott pour les épées a débuté tôt dans sa vie. En fait, l'un de ses plus anciens souvenirs était d'avoir tenu une épée de cour à l'âge de quatre ans. L'épée faisait partie de la collection de son oncle, le romancier d'aventures britannique Jeffery Farnol, un collectionneur d'armes blanches reconnu. Cette épée, qui constitue toujours une pièce précieuse de la collection Oakeshott, est une épée de cour d'entraînement datant d'environ 1690, dotée d'une poignée en bronze doré et d'une lame mouchée de section carrée portant la marque « Tomas Ayala ». Sous la guidée de son oncle, le jeune Ewart l'aidait à nettoyer et à entretenir la collection. C'est dans ce cadre que sont nés son étude passionnée et son amour de l'épée, qui l'accompagneront toute sa vie. Cette influence fut si profonde qu'Oakeshott s'efforça, tout au long de sa carrière de collectionneur, de réacquérir des pièces ayant autrefois appartenu à la collection de son oncle.
Oakeshott co-fonda la « Arms and Armour Society » en 1948 et ses premières publications figurent dans les revues de cette société. Il examina de nombreuses épées, publiant ses découvertes dans plusieurs revues, notamment « The Antiquaries Journal, Journal of the Arms and Armour Society of London » et « The Connoisseur Magazine ».
En 1951, il commença ce qu'il appelait une « vie de conférences ». Ses conférences sur les armes et armures ainsi que sur d'autres aspects de l'histoire furent données devant des sociétés savantes en Angleterre et en Amérique, ainsi que dans des écoles et des universités. Il consacra également du temps à l'évaluation et à l'examen d'épées médiévales dans des musées.
En 1960, année de la publication de « The Archeology of Weapons » (L'Archéologie des armes), Oakeshott décida de se consacrer à plein temps à une activité « d'écrivain, artiste et illustrateur indépendant », tout en accordant davantage de temps à la recherche. Il passa le reste de sa vie à mener ces recherches, à donner des conférences, à rédiger et illustrer des livres, à examiner et cataloguer des armes, et à travailler aux côtés de sa compagne de longue date, l'auteure et éducatrice Sybil Marshall.
Ses activités de collectionneur ont débuté dans les années 1930, à une époque où les épées étaient accessibles pour des prix que l'on qualifierait d'imbattables au vu des standards actuels. Même à des tarifs aussi abordables, acquérir une pièce convoitée mettait souvent son budget à rude épreuve, et il consentit de nombreux sacrifices pour enrichir sa collection. Au fil des ans, celle-ci s'étoffa jusqu'à rassembler un grand nombre d'armes représentant près d'un demi-millénaire d'histoire. Des pièces issues de sa collection figurent dans ses multiples ouvrages et comptent parmi les plus beaux spécimens d'épées conservés à ce jour. La collection d'Ewart Oakeshott et de Sybil Marshall a été constituée en un fonds de dotation — « The Oakeshott Collection » — destiné à préserver, étudier et transmettre ces objets pour l'éducation des générations futures. Elle forme le cœur du Oakeshott Institute, dont l'objectif est de poursuivre les recherches d'Ewart Oakeshott dans l'étude et la classification des épées du contexte européen, en approfondissant notre compréhension des matériaux, de la fabrication et de l'évolution stylistique de ces objets.

 

Type X

Bien qu'elle soit l'épée viking archétypale, l'épée de type X peut également être considérée comme un type de transition, se situant entre les épées de l'ère viking (types I à IX de Wheeler) et les véritables épées médiévales. Elle conserve un grand nombre des caractéristiques de ses ancêtres, telles que le profil de sa lame et sa section transversale lenticulaire, mais elle montre également une évolution vers de nouveaux types de garde et de pommeau qui seront privilégiés tout au long de la période médiévale. La lame est généralement large et plate, et s'affine doucement vers une pointe souvent presque arrondie.

Type Xa

Le type Xa est presque identique au type X à tous égards. La seule véritable différence réside dans une gouttière plus étroite. La lame est généralement large et plate, et s'affine doucement vers une pointe souvent presque arrondie.

Type XI

Le type XI peut à bien des égards être considéré comme l'exact opposé des lames de type X. Il est long là où elles sont plus courtes. Il est étroit là où elles sont généralement larges. Sa gouttière est étroite et mal définie, là où le type X typique possède une gouttière large et bien marquée. Même son mode d'utilisation diffère, puisqu'il a été conçu pour être employé à cheval, alors que le type X est généralement considéré comme une arme de guerrier piéton. Les tranchants de la lame sont généralement parallèles sur la quasi-totalité de sa longueur. La pointe est plus souvent aiguë que spatulée.

Type XIa

À presque tous égards, le type XIa est identique au type XI. La seule véritable différence réside dans le fait que la lame est plus large que celle d'un type XI normal. La lame peut conserver sa longueur ou être plus courte, et la gouttière reste mal définie et étroite.

Type XII

Le type XII est l'épée de chevalier à une main archétypale. C'est une arme bien équilibrée, conçue pour être utilisée avec ou sans bouclier, à cheval ou à pied. C'est probablement l'épée la plus courante du haut Moyen Âge. Ces épées présentent presque toujours la gouttière caractéristique et s'affinent régulièrement vers une pointe aiguë.

Type XIIa

Si le type XII est l'épée de chevalier à une main archétypale, le type XIIa pourrait être considéré comme l'épée de chevalier à deux mains archétypale. Avec le type XIIIa, ces armes peuvent être considérées comme les « grandes épées » (great swords) de la littérature populaire et de l'histoire. Ces épées présentent les mêmes gouttières et pointes aiguës que le type XII, de plus petite taille.

Type XIII

Il apparaît que le type XIII n'était pas un type courant et il existe peu d'exemplaires survivants. Les épées sont généralement larges et plates, présentant très peu de rétrécissement du profil et des pointes spatulées. Le type XIII est une épée intéressante car elle semble posséder une lame de la longueur d'une arme à une main, mais avec un léger rétrécissement du profil et des pointes spatulées et avec une poignée de la longueur d'une arme à deux mains.

Type XIIIa

La lame du Type XIIIa est en tout point similaire à celle du Type XIII, à la différence près que ce type est beaucoup plus grand. Elles semblent également avoir été nettement plus courantes que les lames de Type XIII, plus petites.

Type XIIIb

Ce type est presque identique au Type XIII, la seule différence résidant dans la longueur de la poignée. Dans ce cas, la longueur de la poignée est celle d'une arme à une main ordinaire : 11,4 cm (4,5 pouces) au lieu des quelque 15 cm (environ six pouces) du Type XIII.

Type XIV

Ce type est généralement plus court que ses contemporains, doté d'une lame large et à la pointe acérée. Il semble avoir été très populaire. On peut le considérer comme le dernier des types d'épées conçus pour contrer la maille.

Type XV
Ce type d'épée partage des caractéristiques avec les épées d'estoc de l'âge du fer celtique et peut ainsi être considéré comme le type ayant duré le plus longtemps de tous. Cette variante particulière a été développée directement en réponse à l'apparition de nouvelles formes d'armures de plates. La section renforcée de la lame et sa pointe acérée rendent cette épée plus efficace pour l'estoc, tout en conservant une capacité de coupe tout à fait convenable.

Type XVa

Ces épées étaient très courantes. Elles constituent également les premières véritables épées « bâtardes », conçues pour être maniées à une ou deux mains. Leurs poignées pouvaient être assez longues, atteignant jusqu'à 25 cm (dix pouces). À tous autres égards, elles sont très similaires au Type XV normal. Elles présentent la même section transversale en losange aplati avec une pointe acérée, bien que, tout comme les poignées, les lames soient parfois un peu plus longues que celles du Type XV.

Type XVI

Ce type d'épée montre clairement l'évolution continue des lames conçues pour attaquer les armures de types mixtes. À mesure que les plaques se sont généralisées, une section en losange renforcée est devenue nécessaire, mais la cotte de maille n'étant pas encore passée de mode, la capacité à porter de puissants coups de tranchant restait utile. Le Type XVI est une épée de compromis conçue pour accomplir l'une et l'autre de ces tâches avec une égale facilité.

Type XVIa

Ce qui distingue ce type du Type XVI classique, c'est la différence de section transversale (hexagonale plutôt qu'en losange aplati) et la longueur de la poignée, suffisamment grande pour permettre l'utilisation à deux mains. Cela témoigne à la fois d'une demande accrue pour une épée dotée de bonnes capacités d'estoc et du besoin de recourir à deux mains pour fournir la puissance nécessaire à la perforation des armures améliorées de l'époque.

Type XVII

Le Type XVII a été conçu dans le but de doter l'épée d'une certaine utilité face aux armures de plates, de plus en plus répandues à cette époque. À bien des égards, le Type XVII s'apparente davantage à une arme à impact conçue pour briser l'armure ou infliger un traumatisme contondant qu'à une arme de coupe.

Type XVIII

Avec l'apparition du Type XVIII, on assiste au retour de la véritable épée d'estoc et de taille. L'utilisation accrue des armes de jet chassait peu à peu l'armure de plates des champs de bataille en cette fin de période. Avec le retour d'armures plus légères, une épée moins spécialisée et plus polyvalente pouvait être utilisée, et le Type XVIII ainsi que ses sous-types répondent admirablement à ce besoin. La lame du Type XVIII va en s'amincissant selon de douces courbures vers une pointe acérée.

Type XVIIIa

Le Type XVIIIa est essentiellement identique en matière d'usage et d'époque au Type XVIII. Il se distingue par sa lame plus élancée et, souvent, par une poignée conçue pour un maniement à une main et demie.

Type XVIIIb

Le Type XVIIIb est toujours du type à une main et demie ou à deux mains. Cette conception était particulièrement populaire en Allemagne.

Type XVIIIe

Ce type est l'un des rares à pouvoir être attribué en toute certitude à une région spécifique. Les épées de Type XVIIIe ont été retrouvées presque exclusivement au Danemark, bien que certains des plus beaux exemplaires puissent en réalité être d'origine allemande ou italienne. La caractéristique unique et distinctive de ce type d'épée réside dans son ricasso rétréci fort inhabituel.

Type XIX

Cette épée a connu une période d'utilisation relativement longue, allant du Moyen Âge central jusqu'à la fin de la Renaissance. Sa caractéristique principale est un ricasso court ainsi qu'une section transversale hexagonale. La présence de rainures gravées sur le ricasso en constitue une caractéristique fréquente.

Type XX

Le type XX peut être considéré comme le dernier des véritables épées de combat massives de la famille des XIIa ou XIIIa. Ce type a été utilisé jusque bien avant le milieu du XVe siècle. La caractéristique principale du type XX, outre sa grande taille, réside dans la disposition inhabituelle de ses gouttières. Souvent, l'épée possède deux gouttières parallèles ou deux gouttières parallèles encadrant une gouttière centrale plus large.

Type XXa

Le type XXa est une variante du type XX dotée d'un profil de lame plus aigu. Il présente généralement la même configuration de gouttières, mais souvent sous une forme simplifiée.

Type XXI

Ce type tire son influence stylistique de la fameuse épée cinquedea (censée signifier "cinq doigts" et nommée ainsi en raison de la largeur de la lame à la base). Il s'agit d'un type de transition entre la fin du Moyen Âge central et le début de la période de la Renaissance. On y observe les prémices du chant du cygne de l'épée large civile ainsi que les nouveaux ornements de la Renaissance qui caractériseront la période à bien des égards. Ces épées étaient souvent richement décorées de gravures sophistiquées, de ciselures et d'incrustations. Certains exemplaires d'époque présentent même de grandes zones émaillées ou dorées.

Type XXII

Ce type d'épée constitue un autre des derniers vestiges médiévaux de cette transition délicate entre la période médiévale et la Renaissance. Ces épées partagent de nombreuses caractéristiques du type XVIII en ce qui concerne les profils de lame, mais elles sont souvent assez grandes et, dans de nombreux cas, les exemplaires conservés sont des épées d'apparat ou de parade.

ÉPÉES PROVENANT DE MUSÉES
X.1 Provenant du British Museum (AS.20.23) Cette épée date de 900-950 et est en excellent état, bien qu'ayant été trouvée dans la Tamise. La lame de 29 pouces de long est incrustée de lettres. X.2 Provenant du British Museum Datée d'environ 900-950, cette pièce a été trouvée dans la rivière Witham près de Londres et est presque parfaite, à l'exception de quelque érosion sur les bords et d'un léger piquage. Le nom LEUTFRIT (avec le premier "T" à l'envers) est incrusté en fer sur une face de la lame ; la lettre unique "S" est incrustée sur l'autre.
X.3 Provenant du Musée de l'Armée, Paris (JPO 2249) Cette pièce du fin du IXe siècle possède une lame de 31 pouces de long aux tranchants presque parallèles et présente des traces d'avoir été brisée puis ressoudé, peut-être dans l'Antiquité. La garde et le pommeau sont en excellent état. Un serpent géant s'étendant le long de la gouttière est incrusté sur un côté de la lame. X.4 Provenant du Universitetets Oldsaksamling, Oslo (C11014) Autre exemple du IXe siècle, cette épée est globalement bien conservée, avec des zones dans un état presque parfait. La lame mesure 31,5 pouces de long et conserve ses tranchants intacts, ainsi que des gouttières parfaitement définies.
X.5 Provenant du Glasgow Museum, autrefois dans les collections D'Acre Edwards et Oakeshott Un excellent exemple de "Gaddhjalt" (garde à pointe), cette épée peut être datée de l'époque viking, vers 950. Sa lame de 30,625 pouces de long porte une incrustation en fer indiquant INGELRII. Bien qu'elle ait été trouvée dans une rivière, elle est en bon état avec un léger piquage généralisé, plus concentré au niveau de la pointe. X.6 Provenant du British Museum Cette épée importante est un autre exemple trouvé dans la rivière Witham près de Londres. Elle peut être datée d'environ 1100-1150 et se trouve dans un état presque parfait. Assez inhabituel pour son type, elle possède de doubles gouttières s'étendant presque jusqu'à la pointe, avec des lettres incrustées inscrites sur un côté de la lame de 31 pouces de long et une série de symboles sur l'autre.

X.7 Provenant du Museum of Archaeology and Ethnology, Downing College, Cambridge Trouvé dans la Great Ouse et datant d'environ 950-1000, cet exemplaire est en excellent état, à l'exception du grand trou sous la garde. Des incrustations en fer sur la lame de 30,5 pouces de long indiquent :
CONSTAININUS et +INOMINEDOMINI+

X.8 Cet exemplaire du IXe siècle a été trouvé dans un fossé de drainage dans la tourbière de Ballinderry, en Irlande. La poignée est décorée d'enroulements en forme de rinceaux et plaquée d'argent. La lame de 31 pouces porte l'inscription +ULFBERHT+ et le quillon supérieur porte une inscription HILTIPREHT. Cette pièce fait partie des cinq poignées portant des inscriptions similaires, et constitue peut-être la découverte la plus exquise faite en Irlande à ce jour.
Xa.1 Provenant de la Wallace Collection (A.459) On sait peu de choses sur cette épée mise au jour lors de fouilles. Elle est présumée dater d'environ 1100-1330. Son état est presque parfait, sans piquage sous la patine dure, sauf près de la pointe de la lame longue de 33,75 pouces. Xa.2 Provenant d'une collection privée, autrefois propriété d'Oakeshott La lame de 34,5 pouces de long porte une inscription soigneusement exécutée indiquant +NINOMINEDOMIINI+ sur une face et une croix potentée sur l'autre. Oakeshott date cet exemplaire d'environ 1050-1100.
Xa.3 Provenant de la Tour de Londres (désormais à Leeds ?) (IX, 1027) Cette épée possède une lame de 33 pouces de long, date d'environ 1100 et a été trouvée près de Newbury, dans le Berkshire. Son état après excavation est globalement très bon, avec des traces d'incrustations sur la lame (l'incrustation en fer est entièrement perdue). Xa.4 Provenant d'une collection privée Datable de 1050-1125. Découverte lors de fouilles, elle est en bon état malgré un piquage important. Aucune trace d'inscription incrustée sur sa lame de 34 pouces de long.
Xa.5 Provenant de la Tour de Londres (désormais à Leeds ?) (IX, 1081) La poignée de cette épée, datant d'environ 1100-1150, est mieux conservée que sa lame. Les surfaces de sa lame de 32 pouces de long sont en grande partie corrodées, en particulier la partie de la pointe, qui a presque disparu. Xa.6 Provenant du Fitzwilliam Museum, Cambridge (réserve) Cette épée, datant d'environ 1100 et dotée d'une lame de 33 pouces de long, est en mauvais état avec un important piquage sur les deux faces. Les tranchants de la lame sont usés. La poignée est identique à celle d'une épée provenant d'une tombe viking à Tryvaa, en Finlande.
Xa.7 Provenant du Musée de l'Armée, Paris (JPO 2241) Autre découverte faite en rivière, cette épée est un bel exemple de forme "Gaddjhalt" et s'apparente à l'épée INGELRII mentionnée ci-dessus (X.5), mais avec une lame de 35 pouces, plus longue que la moyenne. Elle est en excellent état, conservant de bons tranchants et montrant des traces d'utilisation. Une croix potentée et des preuves d'inscriptions incrustées en fer apparaissent sur la lame. Cette pièce est datable du milieu du Xe au milieu du XIe siècle.